L’accompagnement des familles par les assistants sociaux des CAMSP

La naissance d’un enfant porteur de handicap bouleverse la parentalité et désoriente les parents qui ont besoin d’être soutenus et guidés.Souvent, le handicap reste un sujet tabou. Les comportements de ces enfants déconcertent et changent des habitudes ainsi que des modes de communication classiques. Le handicap fait peur car il confronte aux limites de l’être humain. Le modèle sociétal laisse peu de place à la différence.

La scolarisation d’un enfant porteur de handicap : Un moment source d’inquiétudes pour ses parents

Le moment de scolariser un enfant suivi en camsp est le plus souvent source de nouvelles angoisses pour ses parents. Chaque transition ravive le traumatisme de l’annonce de départ d’un retard, d’un diagnostic, d’un handicap avéré.

La plupart des enfants que nous suivons sont accueillis dans une structure de la petite enfance : dans une crèche collective municipale, départementale ou associative ; dans une crèche familiale ou dans une halte-garderie. L’assistant social et les thérapeutes du camsp accompagnent cette première étape de socialisation de l’enfant.

Le moment où le camsp évoque l’école avec les parents.

L’enfant est suivi en rééducation au camsp ; il va avoir 3 ans dans l’année et est censé pouvoir aller à l’école maternelle à la rentrée scolaire de septembre. L’école est une question sous-jacente tout au long du suivi, évoquée sous différentes formes par les parents avec le médecin en consultation, les thérapeutes en séance, l’assistant social dans des entretiens répétés et aussi en concertation avec le lieu d’accueil petite enfance (crèche, halte-garderie) quand l’enfant n’est pas gardé à la maison.

Si certains camsp proposent des réunions d’information générale ouvertes à tous les parents concernés, toutes les étapes de la scolarisation sont accompagnées individuellement.

Pour certains enfants, la scolarisation est pensable, mais ils paraissent plus fragiles pour y être vraiment en sécurité. Certaines alternatives peuvent alors être envisagées : jardin d’enfants de la ville, jardin d’enfants associatifs, le maintien de la scolarisation une année supplémentaire par dérogation….

Soutenir les parents dans la procédure administrative.

Pour les parents d’un enfant en situation de handicap, le passage vers l’école implique des démarches qui n’aboutissent pas toujours positivement. Il peut se transformer en une véritable épreuve du combattant.

L’’école maternelle n’est pas obligatoire mais c’est un droit pour l’enfant.

Dans tous les cas les parents effectuent les formalités administratives de droit commun en inscrivant leur enfant à la mairie dont ils dépendent puis auprès de la direction de l’école du secteur. Lorsque le projet de scolarisation est adapté aux besoins de l’enfant, il faut encore, pour ceux qui sont atteints de handicap moteur, s’assurer que l’école de secteur est accessible. Dans le cas contraire, l’assistant social de camsp se met en lien avec l’enseignant référent pour trouver une autre école soit de plain-pied, soit avec un ascenseur. Une demande de prise en charge par le Syndicat des transports d’Île-de-France (stif) est alors nécessaire pour le trajet domicile/école. Ce manque d’accessibilité renforce la différence et rajoute des démarches aux parents.

L’assistant social du camsp – en accord avec les parents – se met en relation avec la direction de l’école et l’enseignant référent attaché à cette école qui réunissent l’équipe éducative en vue d’élaborer le projet personnalisé de scolarisation (pps). Celui-ci l’enverra ensuite à la maison départementale des personnes handicapées (mdph) où l’enfant doit avoir été inscrit.

Au camsp, le projet de scolarisation est préparé en amont par les thérapeutes et le médecin qui suivent l’enfant. Ils pourront proposer la participation de l’enfant à un groupe pour soutenir le développement des capacités requises pour aborder l’école. Ce groupe lui permettra également d’être confronté à ses pairs.

Le camsp et l’assistant social peuvent aider les parents à compléter les divers formulaires administratifs.

Préparer les parents aux différentes étapes après l’inscription à l’école

Pour éviter que les parents ne soient perdus, il est important de leur expliquer en amont ce qu’est une équipe éducative, un projet personnalisé de scolarisation (pps), les différents partenaires présents (enseignant référent, médecin scolaire, psychologue scolaire, assistant social scolaire…), les sigles utilisés, la grille gevasco qui va permettre d’évaluer les besoins de l’enfant en termes d’accompagnement par une avs. Nous parlons du rôle du médecin scolaire qui est le seul dans l’école à avoir connaissance de l’aspect médical du problème de l’enfant et de l’intérêt qu’il le connaisse au plus tôt. En plus de son rôle dans l’instauration d’un éventuel projet d’accueil individualisé (quand l’enfant a une maladie avec un traitement associé à son handicap), le médecin scolaire peut être une personne ressource soutenante. Il est utile de leur exposer aussi ce qu’est la commission des droits et de l’autonomie (cda) des personnes à la mdph, qui prend une décision qu’elle notifie aux parents.

L’importance du dialogue entre professionnels

La fluidité du travail est facilitée par une connaissance réciproque des partenaires : elle se construit d’année en année. En effet, l’inclusion scolaire d’un enfant porteur d’un handicap est plus aisée lorsque l’assistant social connaît les différents enseignants référents, les inspecteurs de l’Éducation nationale et les directeurs d’école. Pour cela, il peut organiser des réunions avec chacun des enseignants référents et certains inspecteurs de l’Éducation nationale afin de définir ensemble la procédure à mettre en place lorsque nous souhaitons scolariser un enfant porteur d’un handicap. Son rôle est aussi d’intervenir quand il y a un conflit entre l’école et les parents, d’où l’importance de ce travail de partenariat. Le camsp a aussi un rôle d’information dans les écoles sur le handicap en général, tout en veillant au respect du secret professionnel afin d’éviter les préjugés, le rejet, et les aider au mieux à s’occuper de l’enfant.

La présence du camsp lors des réunions à l’école est indispensable afin de soutenir les parents, de veiller à ce que le temps de scolarisation proposé corresponde aux besoins de l’enfant et que la non-acquisition de la propreté ne soit pas une condition pour refuser sa présence.

La scolarisation de l’enfant est ensuite ponctuée de réunions de suivi de scolarisation, auxquelles participent différents membres de l’équipe du camsp. L’assistant social fait un travail de lien au sein de l’équipe afin de s’assurer qu’un membre de l’équipe sera présent aux réunions scolaires. Lorsque l’assistant social s’y rend seul, un travail de coordination en amont est réalisé avec les thérapeutes qui suivent l’enfant, pour avoir le plus d’éléments possible sur son développement et ses besoins.

Tout au long de son suivi, le camsp veille à ce que l’enfant ne soit pas vu par l’école uniquement par ses déficiences mais aussi par ses ressources. Nous devons écouter ces enfants, souligner leurs capacités ainsi que leur personnalité, les encourager pour leur offrir une opportunité d’exister.

Extrait de la revue Contraste publié en 2015 sur le thème : Début de scolarisation : l’accompagnement des familles par les assistants sociaux des CAMSP

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